Si l’année 2018 a été pour moi synonyme d’un vaste ouragan personnel et professionnel, riche en changements de tous genres et en bouleversements majeurs (un déménagement à l’autre bout de la France et un divorce entraînent forcément un temps nécessaire d’adaptation, de reconnexion avec soi et de remise des compteurs à zéro), l’année 2019, je l’ai entreprise sereine et apaisée. Comprendre et accepter les erreurs de jugement du passé, apprendre à se connaître davantage, s’aimer un peu plus, s’affirmer, et surtout, écouter ses envies, les petites folies du quotidien comme les grands projets de vie que l’on a laissés trop longtemps de côté. Par peur, par manque de courage, par procrastination, par confort. Ne plus remettre à demain ce qui me fait rêver, ce pour quoi je sens que je suis faite depuis longtemps, que ce soit dans l’impulsion à donner à ma carrière dans les mois à venir ou dans la réalisation de cette wishlist de voyages qui me fait de l’oeil depuis des années. Car voyager et m’évader vers d’autres horizons a toujours été l’un de mes leitmotivs les plus forts, bien que j’ai eu tendance ces dernières années à ne pas suffisamment barouder à cause de faux freins et de contraintes inutiles. Alors, c’est décidé, 2019 sera l’année des premiers voyages. Il y a eu Porto en mars dernier (un article dédié à venir très prochainement dans la foulée de celui ci !), et je garde le rythme avec une magnifique (re)découverte de la capitale anglaise en ce mois d’avril (en attendant une escapade en Croatie en juillet prochain).
      Un petit road trip de seulement quelques jours qui a été rendu possible grâce à une bonne amie à moi, Lisa, qui a elle même vécu à Londres durant plusieurs mois. Nous voilà donc embarquées à trois filles direction la ville de Big Ben (malheureusement actuellement en travaux) et de Notting Hill. J’ai déjà eu l’occasion d’aller à Londres à deux reprises par le passé il y a quelques années de cela. J’avais à chaque fois eu un bon ressenti de cette capitale, mais globalement plutôt neutre, ni excellent ni déplorable. Une ville somme toute sympathique mais qui ne m’avait pas non plus laissé un souvenir impérissable ni une réelle impression de dépaysement. Une capitale européenne comme beaucoup d’autres, remplie d’infrastructures modernes, de business men en costard cravate, de cafés, de restaurants, de cinémas. J’ai compris la semaine dernière l’étendue de mon erreur. Il suffisait d’y être réellement initiée par une vraie londonienne, qui avait vécu et respiré cette ville de l’intérieur. Loin des circuits touristiques, des passages obligés, de la capitale “de façade”. J’ai eu un véritable coup de foudre pour cette ville. La citadine invétérée amoureuse d’authenticité, d’originalité et de nature a été comblée. Ses marchés couverts, son art de rue, ses dizaines de micro-quartiers hétéroclites et multicolores formant un univers totalement patchwork et pourtant si harmonieux, ce mix parfait entre rythme effréné et bulles d’oxygène nichées au coeur même de la ville, cachées derrière un haut portail ou au détour d’un café recelant de jolies surprises inattendues. Et ses habitants. Croiser en l’espace de 100 m une punkette tatouée et piercée, une lycéenne en mini jupe habillée en fluo et juchée sur des talons plateforme, un business man tiré à quatre épingles et un rasta man à dredlocks, tous dégageant cette même décontraction, cette même absence de jugement, ce même “and so what ?” si rafraichissant. Là où les français peuvent être si regardants, médisants et portés à la critique, là bas, chacun peut s’habiller (de manière parfois quelque peu aléatoire) avec les premiers vêtements qui lui tombent sous la main sans aucun complexe. Cette absence de jugement et cette liberté d’être soi est sûrement ce qui m’a le plus conquise dans cette mégalopole. Et que dire de l’accent et du flegme typiquement britanniques qui ne m’ont pas laissée indifférente !

      Petit aperçu des quelques perles qui m’ont faite fondre, émerveillée, et qui ont marqué cette virée londonienne…

      Le Dalston Eastern Curve Garden : mon premier et l’un de mes plus gros coups de coeur de ce séjour. Jardin communautaire à l’entrée libre créé en 2010, véritable oasis de paix en plein coeur du poumon londonien, ouvert 7j/7 tout au long de l’année. Niché en plein coeur du quartier de Hackney, ce havre verdoyant est un facteur d’intégration sociale, de développement de liens au sein du voisinage et de lutte contre l’exclusion et l’isolement via de nombreux programmes communautaires. Les habitants du quartier de Hackney, qui n’ont pas forcément accès à un jardin ou à un potager, peuvent venir se réfugier bien au chaud dans un canapé confortable tout en dégustant une boisson chaude et en écoutant le chant des oiseaux. Une parenthèse de verdure qui a été imaginée dans le cadre du programme “Making Space in Dalston”, commissionné par le think tank Design for London, qui a amené les habitants du quartier de Hackney à travailler de concert avec les architectes J&L Gibbons Landscape Architects afin d’explorer une piste alternative pour améliorer la qualité de l’espace public londonien.

      Toutes les informations utiles sur le site internet officiel : http://dalstongarden.org

      Coven garden, Borrough Market, Camden et Chelsea. Autant de quartiers radicalement différents, que ce soit en termes d’architecture ou d’ambiance qui s’en dégage. Chic plus aseptisé de Chelsea, bâtiments résidentiels à la blancheur impeccable, authenticité rustique et plus populaire à Camden, charrettes en bois chargées de fleurs à Coven garden, dégustations culinaires et gentillesse des commerçants à Borrough Market. Autant de petits coins à explorer si l’on veut véritablement prendre la température de la capitale et en tomber amoureuse.

      Et que dire du street art londonien… un ravissement pour les yeux à chaque détour de rue, qui m’a permis de poursuivre ma série sur l’art de rue à travers l’Europe.

      Si ce voyage m’a permis de redécouvrir Londres, il m’a aussi offert l’opportunité de photographier une belle amitié. Lisa et Amalia sont amies depuis pratiquement deux ans, et leur jolie complicité s’est exprimée aux quatre coins de cette ville magique et hors du temps. Je les ai ainsi suivies dans un périple résolument girly, entre brunch à l’Elan café (http://www.elancafe.co.uk/), chocolat chaud et smoothie à l’Aida concept store situé dans le quartier de Shoreditch (http://www.aidashoreditch.co.uk/our-store), découverte de la célèbre librairie tenue par Hugh Grant dans le film Coup de foudre à Notting Hill (moment émotion pour moi de me retrouver sur les lieux de l’un de mes films préférés) et fous rires au milieu des tags à côté de Borrough Market.

      La conclusion de ce superbe séjour, comme l’a si bien dit Lisa (alors que nous tentions depuis presque une heure de réussir à shooter une photo des deux compères devant un tag géant en forme de coeur avec deux bulles de chewing gum synchros) : “dans la vie comme pour réussir une bulle de chewing gum, tout est histoire de timing”…

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